Four adults sit in a row at the front of a classroom. Behind them there is a slideshow with the text "Critical Perspectives on Net Zero and ‘Beyond Net Zero’ in Canadian Agriculture and Food Systems"

Les membres du réseau Terrain d’entente se sont réunis à l’ACÉA pour une table ronde sur le thème « Perspectives critiques sur la neutralité carbone et au-delà dans l’agriculture et les systèmes alimentaires canadiens ». Emily Duncan (Université de Regina), Ryan Katz-Rosene (Université d’Ottawa) et Andrew Spring (Université Wilfred Laurier) ont abordé 1) le concept de zéro émission nette et ses limites pour l’« agriculture », et 2) le manque de mise en œuvre d’outils et la rareté générale des données permettant de mesurer avec précision le zéro émission nette dans l’agriculture.

Debora Van Nijnatten était absente le jour de la table ronde, mais elle a partagé les diapositives présentées par Andrew Spring pour définir le zéro net comme un concept scientifique (c’est-à-dire fonctionnant dans les limites de la température planétaire ou d’un budget de CO2 et d’équivalents), un objectif politique (par exemple, le zéro net d’ici 2050 pour limiter la hausse des températures) et une approche politique (c’est-à-dire un plan de réduction des émissions pour atteindre les objectifs). Ryan Katz-Rosene a ensuite examiné les objectifs précis du Canada en matière d’émissions de CO2, tout en critiquant le fait que l’accent est souvent mis uniquement sur le CO2, au détriment des gaz à effet de serre qui ont un impact plus important (par exemple, le méthane), ce qui conduit à une mauvaise compréhension du profil global des émissions du secteur agroalimentaire.

En outre, le manque d’attention accordée aux autres indicateurs environnementaux cause des dommages qui vont au-delà des objectifs de réduction propres au climat. Les panélistes ont donc souligné les limites des approches « zéro émission nette », insisté sur la nécessité d’une planification à long terme pour atteindre les objectifs et encouragé à dépasser la vision étroite des politiques climatiques pour assurer la durabilité sociale, économique et environnementale.
Emily Duncan a ensuite abordé la question des technologies limitées et de leur adoption restreinte par les agriculteurs pour mesurer la quantité de carbone séquestrée dans le sol. Elle a également évoqué la nécessité d’associer les agriculteurs aux politiques et programmes susceptibles de leur être bénéfiques (par exemple, les crédits carbone), en particulier lorsqu’ils jouent un rôle dans l’atténuation. Enfin, Andrew Spring a indiqué que, dans certains cas, les politiques de zéro émission nette de carbone pour l’agriculture n’existent pas encore, comme dans les Territoires du Nord-Ouest, ce qui offre une occasion de repartir sur de nouvelles bases. Toutefois, il pourrait être nécessaire de se demander si le « zéro net » est le cadre approprié ou si une approche plus large de la durabilité, incluant la protection de l’environnement, serait plus bénéfique.